Le futur n’est plus ce qu’il était

Cette nouvelle année 2014 m’offre l’opportunité de revêtir les habits d’Emmett Brown et de songer au futur. Je voudrais vous livrer un petit condensé des interrogations et des doutes qui viennent à moi lorsque j’essaie d’envisager mon métier de web designer à plus long terme. Pendant combien de temps vais-je pouvoir travailler de cette façon ? Quels seront les usages de demain ? Comment les évolutions technologiques vont-elles impacter ma pratique professionnelle ? Cet article sera l’occasion pour moi d’imaginer la suite, ma suite. En tous cas de réfléchir à certaines pistes et partager cette réflexion avec vous.

Il y a quelques semaines, j’ai remis la main sur un ancien CD des Doors, qui fait partie d’un pack de 4 albums remasterisés nommés « The Doors, Box Set ». Le genre de pochette dont l’usure témoigne de l’affection particulière que je portais à la musique de ce bon vieux Jim. Toutefois ce soir-là, le titre de l’album « The future ain’t what it used to be » n’a jamais résonné si vrai en moi. Je l’écoutais pourtant en boucle quand j’avais 17 ans, mais à cet âge je ne me souciais guère du futur, moi l’adolescent rebelle appliquant à la lettre les principes d’un « Carpe that fucking Diem » qui me guidaient en ces temps insouciants.

The Doors - The future ain't what it used to be

Aujourd’hui, 15 ans plus tard, les choses ont changé, ma vie a changé. J’ai notamment choisi un de ces « nouveaux » métier qui me permet de vivre et un statut de freelance qui m’offre l’autonomie et la liberté nécessaire pour travailler comme je le souhaite. J’ai opté pour ce genre de job que les gens ne comprennent pas vraiment. J’ai d’ailleurs arrêté de tenter d’expliquer les subtilités du design d’interface et j’opte plutôt pour la vulgarisation. A la question « Tu fais quoi dans la vie ? », je réponds « Je crée des sites internet »… Easy.

Lorsque je dresse un petit bilan après ces quelques années de pratique professionnelle, je me rends compte que l’environnement d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celui de mes débuts. Il faut dire que nous, travailleurs du web, sommes tous les jours immergés dans un domaine d’activité extrêmement évolutif. Les métiers du web s’adaptent aux technologies et aux usages, se diversifient, se professionnalisent. Les habitudes d’aujourd’hui sont bien loin de celles des années 90-2000. Dire qu’il y a 20 ans je n’avais même pas d’ordinateur à la maison, pas internet, pas de téléphone portable… Ça semble assez incroyable quand j’y repense. Beaucoup de choses ont changé.

Cela m’amène à penser que le futur n’est effectivement plus ce qu’il était. J’ai grandi avec l’idée qu’il était possible d’entrer dans une entreprise à 20 ans et d’y rester pendant les 40 années suivantes, avant de partir tranquillement à la retraite. Cela a d’ailleurs été le cas de mes parents et bon nombre de personnes de leur génération. Aujourd’hui, dans un contexte socio-économique difficile, je ne suis pas certain que ce type de parcours puisse toujours être appliqué en France. Et il l’est encore moins dans des métiers à forte plus-value technologique comme les nôtres. Nous pouvons faire des suppositions sur ce que sera le web de 2015 mais il serait bien hasardeux de faire des plans sur la comète à 15 ou 20 ans. Je trouve qu’il y a dans cette vision du futur quelque chose d’assez paradoxal. C’est d’un côté très motivant puisqu’en développant le web de demain, nous participons à la création de notre propre avenir. Mais cette situation me semble néanmoins inconfortable car très insécure. Lorsqu’on avance à l’aveugle, dans l’impossibilité de pouvoir se référer à un modèle, la paralysie est un réflexe assez naturel.

Timeline

Carpe Diem, statu quo and co’

A défaut de trouver des réponses à toutes ces interrogations, la solution la plus simple à laquelle je songe en premier serait de ne rien changer. Je reste indépendant, je continue de proposer mes services de designer à mes clients et j’essaie de rester en phase avec l’environnement en menant une veille efficace. S’il n’est pas possible de se projeter dans un avenir lointain, j’ai la capacité d’imaginer de façon relativement réaliste le future proche : placer l’utilisateur au centre du dispositif , content-first, aller vers un web unique et multi-supports, flexible et adaptatif qui préfigure déjà ce que sera l’internet des objets.

Il me suffit donc de rester sur le chemin et de continuer à avancer. En toute logique, plus le temps passe, plus je gagne en expérience, plus je travaille et mieux je travaille. Si je reste vigilant et essaie de ne pas me faire distancer par l’avancée technologique, je devrais pouvoir survivre.

Cette solution semble viable mais pose toutefois la question de mes propres besoins et de mes attentes. Aujourd’hui mes clients sont mon unique source de revenus, certains projets génèrent une forte quantité d’angoisse et de stress, et je ne parle pas de ce besoin d’autonomie qui ne cesse de grandir au fil des années. J’ai souvent tendance à dire que je serais vraiment mon propre patron le jour où je pourrais vivre d’un produit/service que j’aurais moi-même créé. Pour atténuer ces effets collatéraux qui finissent par peser lourd, une autre solution consisterait à diversifier ma pratique professionnelle. De plus, au-delà des projets clients, si les projets personnels constituent la plupart du temps une simple soupape de décompression, il arrive parfois qu’ils deviennent assez rentables pour assurer un complément de salaire non négligeable voir dans certains cas qu’ils se substituent entièrement aux projets clients.

Dans un article paru dans Smashing Magazine, mon collègue Sacha Greif partage son expérience en la matière. Vente de template de sites web et de ressources pour designers, bénéfices publicitaires, écriture d’ebook… voici autant de sources de revenus réguliers assurés en contrepartie d’un effort relativement faible. Ce concept est appelé : “Passive income” (ou Scalable income). Dans son cas, Sacha a progressivement réussi a arrêter les projets clients pour se consacrer à ses projets personnels (Sidebar, Folyo, eBook). Ces derniers lui assurent aujourd’hui un revenu suffisant pour vivre ce qui est plutôt bon signe pour la suite.

En prenant en compte mon expérience et mes propres besoins/capacités, j’ai essayé d’imaginer des pistes d’évolution professionnelle pour l’avenir :

possibilites

L’écriture

J’ai déjà eu l’opportunité d’écrire un livre en passant par la voie traditionnelle d’une petite maison d’édition. Bien que les retombées financières directes n’aient pas été intéressantes, cette expérience m’a permis de me rendre compte de la quantité de travail que requiert ce genre de projet et m’a également ouvert indirectement la voie à plusieurs possibilités de missions. A posteriori, je pense que dans d’autres conditions, j’aurais probablement pu capitaliser beaucoup plus sur ce travail. Je pense avoir été trop passif en attendant que mon éditeur se charge de la vente du livre. Aujourd’hui je sais que si d’aventure je devais réitérer l’expérience, j’opterai plutôt pour l’auto-édition, bilingue FR-EN, sous forme d’ebook premièrement puis en format papier (via une campagne de financement participatif) si la demande le nécessitait. Je pense que dans mon cas l’auto-édition serait certainement un moyen plus approprié et plus rémunérateur. Certains de mes collègues ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Demain j’arrête, Discover Meteor, the App design handbook sont autant de projets d’auto-édition ayant vu le jour en 2013.

L’écriture est un moyen de diversification qui permet de conserver une certaine forme d’autonomie. Par la suite, la  multiplication des ouvrages pourrait permettre d’assurer une source de revenus annuels, certes assez faibles mais complémentaires. Certains collègues comme Nathan Barry sont d’ailleurs devenus des exemples de réussite en la matière.

Créer mon propre produit/service

Je sais que plusieurs de mes collègues sont sur ce chemin. Je citais plus haut l’exemple de Sacha mais je travaille régulièrement pour des clients qui ont eu l’idée d’un produit/service un jour, ont monté une startup et se sont entourés de collaborateurs capables de les aider à concrétiser leur projet. En général, les bonnes idées sont les plus simples mais je sais que la création d’un service web rentable n’a rien d’aisé. Cela s’apparente même souvent au parcours du combattant.

Pour ma part, dans 99% des cas, l’outil/service auquel j’ai pensé existe déjà ailleurs. Pour les cas restants, en creusant un peu je m’aperçois rapidement que cela ne serait pas rentable, pas évolutif, ou trop compliqué à mettre en place. De plus, j’ai de moins en moins de temps à consacrer aux « à côtés » de mon travail quotidien. Depuis quelques mois, je m’aperçois que mes priorités ne sont plus les mêmes. Si l’occasion venait à se présenter il faudrait donc que je sois vraiment convaincu pour y investir le temps qui me fait déjà défaut aujourd’hui. Mais j’imagine que tout est question d’idées et d’opportunités.

Retour à la vie de salarié ?

Je vois régulièrement sur Twitter certains freelance qui finissent par retourner à la vie de salariés. Mon futur serait-il également de ce côté ? J’ai déjà envisagé cette option car avec le temps qui passe et l’arrivée des enfants, la contrainte de « sécurité financière » se fait de plus en plus pressante. Comme je le disais plus haut, le statut d’indépendant possède ses avantages et ses inconvénients. Parfois j’ai l’impression que ce choix est finalement assez égoïste puisque le stress qu’il génère et l’investissement qu’il me demande impactent inévitablement sur ma vie de famille. D’un autre côté, j’ai investi tellement d’énergie depuis plusieurs années dans l’apprentissage et la mise en place de ce mode de vie qu’il serait difficile pour moi d’en sortir. D’ailleurs, suis-je encore capable de retravailler en tant que salarié ? Ne suis-je pas déjà trop formaté pour retourner en entreprise ? C’est vrai qu’au fur et à mesure des années, j’ai du apprendre à assumer mes choix et tenir mes positions face aux clients, j’ai appris à travailler en équipe mais depuis mon bureau ou mon domicile, j’ai appris l’autonomie etc… C’est sûr qu’à la longue, tout cela finit par vous tailler un profil sur mesure à la serpette serbo-croate. Le genre de salarié qui a ses propres méthodes de travail, qui a besoin d’une certaine forme d’indépendance et dont les concessions s’obtiennent à l’issue d’un processus de justifications plus ou moins long. Bref, dans mon cas le retour à une relation de subordination consentie me parait assez peu probable mais je ne ferme aucune porte par principe.

Changer de vie ?

Il y a quelques temps, une telle chose était absolument impensable pour moi. Il faut dire que mon travail remplissait ma vie. A cette époque, si j’avais gagné au loto, je n’aurais probablement pas changé grand chose à mes occupations tant j’étais passionné. Aujourd’hui, même si mon activité ne marche pas trop mal comparé à d’autres et qu’elle me permet de vivre, je me plais parfois à imaginer un futur très différent. Au hasard d’un lien sur Twitter, j’ai récemment fais un test sur un site web pour connaître les métiers qui correspondaient à mon profil. Après avoir répondu à une flopée de questions, les résultats sont tombés comme un couperet :

  1. 1. Brocanteur
  2. 2. Chauffeur de Taxi
  3. 3. Concepteur multimédia (ah quand même ! ouf.)

Intéressant n’est-ce pas ?!

PJ Ryan Selfie

Le selfie de P.J Ryan devant ses vaches

Trêve de plaisanterie, je sais par expérience que l’avenir n’est jamais comme on l’imagine. Peut-être qu’un jour je changerai de métier. En tous cas je ne suis plus figé sur le web design. Aujourd’hui j’ai pris un certain recul, je suis content de me lever le matin pour aller travailler mais je ne suis visiblement plus aussi passionné qu’avant. Donc si un jour l’opportunité se présentait, peut-être que je quitterai tout pour m’offrir une nouvelle vie professionnelle, plus en accord avec certains de mes principes. Dans mes rêves les plus fous, je m’imagine à la campagne, au milieu d’un potager en train de cultiver les légumes que j’irai ensuite vendre au marché du village… si si sérieux.

So what ?

Le futur n’est donc effectivement plus ce qu’il était. L’environnement technologique dans lequel j’évolue aujourd’hui possède une part d’inconnu sur lequel je n’ai pas de prise directe. Après tout, les progrès sont si fulgurants qu’il est probable qu’une innovation entraine une mutation complète de mon domaine d’activité, bouleverse les usages et fasse de demain un monde impossible à imaginer à l’heure actuelle.

J’ai toutefois le pouvoir de me positionner dès maintenant pour mieux anticiper les effets des changements qui se profilent à l’horizon. Dans toute cette réflexion, il me semble que l’immobilisme intellectuel ne sera pas mon meilleur atout. Je crois que le risque de m’enfermer dans ma zone de confort et d’y mourir par manque de clairvoyance est réel. Ainsi, en attendant qu’un chemin plus net se profile pour moi, je pense avoir tout intérêt à rester en phase avec mon environnement professionnel, à effectuer une veille minimum qui me permettra de mieux accompagner les changements à venir.

D’autre part, il me semble également qu’une ouverture d’esprit sera la garantie d’une vision plus large. Il serait dommage de restreindre le champ des possibles en m’enfermant dans un schéma de vie préconçu. Je préfère au contraire essayer d’adopter une posture laissant le champ libre aux opportunités, quelle qu’elles soient, pour avoir la liberté de les saisir (ou pas) le jour où elles seront à portée de main.

Cette petite tranche de réflexion touche à sa fin. En attendant l’heure du changement,  je retourne à mes interfaces.

32 réflexions au sujet de « Le futur n’est plus ce qu’il était »

  1. Merci, pour cette belle réflexion ! Je me reconnais dans pas mal de situations que tu évoques.
    – Soyons réaliste, je ne pourrai jamais être salarié comme on l’entend en France. Peut être au US dans une Startup qui te laisse libre de ton emploi du temps.
    – Le potager… la campagne … le seul truc qui me retiens c’est l’aspect financier de cette transition, qui elle peut effectivement passée par des projets comme des livres.
    Dernier article de Raphaël : 24 jours de WebMy Profile

  2. Merci pour ton retour Raph. Je te rejoins sur la problématique financière dans le cas d’un retour aux sources… C’est d’ailleurs ce qui me fait considérer cette solution plus comme un rêve qu’une réelle possibilité (Mais ça me fait du bien d’y croire un peu)… Même si l’argent n’est pas une fin en soi, il faut bien reconnaître que c’est une variable qui a son importance mine de rien, surtout quand on a des enfants…

  3. Juste un mot au sujet de ma BD : en aucun cas je ne vois ça comme un complément de revenu, si déjà j’arrive à ne pas perdre de fric ce sera bien. Et l’auto-édition, c’est aussi très chronophage et ça comporte son lot d’emmerdes à gérer (j’en ai eu plus que ma part d’ailleurs)… Je ferai un récapitulatif de l’aventure plus tard, j’ai pas mal de choses à en dire.

    J’en causais hier avec Tanxxx mais pour moi le travail d’auteur (de livre) n’est pas un métier, dans le sens où je ne me vois pas faire ça pour gagner ma vie (d’ailleurs sauf exception ça reste très difficile d’en vivre de toute manière, ça paie globalement très, très mal). Ça reste un à-côté que je fais pour le plaisir d’abord, et sans patron si possible. Le reste (le fric) est secondaire sur cette activité et je pense que c’est bien ainsi.

    Pour le reste, comme beaucoup je partage pas mal de tes réflexions, l’idée du service miracle qui nous rendra rentier nous taraude tous un peu je crois…
    Dernier article de STPo : SwitchMy Profile

  4. Décidément, il semble que tous les pros de la créa graphique (entre autres) arrivés à un certain stade de maturité traversent les mêmes problématiques et interrogations en ce moment.
    J’ai lu en moins d’une semaine plusieurs notes de blog et sujets de forum traduisant exactement ce type de remise en question, dans laquelle je suis moi-même plongé depuis une bonne année.
    Cette absence de repères et de modèle dont tu parles est probablement ce qui nous rend le plus perplexes, car si effectivement personne ne peut prédire ce qu’il en sera de nos métiers dans 15 ans, il est tout de même très probable que nos options et parcours n’aient rien à voir avec ce qu’ont vécu nos parents et prédécesseurs.
    Entre ce contexte incertain et l’âge adulte qui pose ses grosses valises de responsabilités, on a un décalage pas forcément facile à gérer.
    Pour le moment je fais comme toi : je fouille des pistes, je tends des lignes vers différentes voies latérales (nouvelles compétences, formation, écriture etc) et j’essaye de garder l’œil sur l’horizon pour être prêt à changer de voilure avant les autres, car c’est effectivement la liberté et la chance de l’indépendant par rapport aux salariés (que je n’envie pas franchement en ces temps troublés).

  5. Hello Aurélien,

    Comme déjà dit sur Twitter, je trouve ton article très intéressant, plein de bon sens et de maturité, et surtout de prise de recul. C’est un exercice qui n’est pas évident, mais dont on dégage souvent plusieurs options que l’on n’avait peut-être pas considérées.
    Je pense que toute personne se pose des questions sur son futur, arrivé la trentaine ou la quarantaine. Peu ont le luxe / les bollocks de changer de vie, mais il est évident qu’au bout de quelques années d’expérience, après avoir eu des postes ou des missions épanouissants, on se dit qu’on a peut-être fait le tour, qu’il n’y a plus « le petit truc ».
    J’aime à penser qu’avec l’expérience, on devient simplement de plus en plus exigeant, qu’on sait un peu mieux ce qui fonctionne pour soi ou pas, ce que l’on arrivera à supporter encore quelques années et ce qu’on laisse « aux petits jeunes ». Personnellement, j’ai réalisé il y a peu que même si j’adore faire du design, être « créa », je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est une zone de confort dont j’aimerais sortir plus tard. Ce métier, que j’exerce depuis finalement pas tant de temps que ça (5 ans), je suis loin d’en avoir fait le tour, mais pour autant il est évident que c’est dur de ce dire : « alors c’est cela, que je vais faire toute ma vie ? ». Les questions viennent forcément.
    Quand j’y pense, être designer, et surtout dans le web, a un potentiel énorme pour la suite : on est tous un peu (j’insiste sur le « un peu ») ergonome, designer d’interaction, designer d’expérience utilisateur… peut-être qu’une évolution est possible en ce sens, une spécialisation un peu plus forte dans ces métiers qui, avec les objets connectés, vont prendre de plus en plus de place et se professionnaliser petit à petit.
    Ce genre de move, ça permet de se positionner sur « autre chose » tout en gardant l’expérience accumulée, car repartir de zéro ce n’est pas si facile (autant socialement, que psychologiquement et financièrement) et qu’il y a des choses à faire de côté-là.
    Tu peux aussi transmettre, enseigner.
    Sinon, pour l’exemple Sacha Greif, il est très bon mais il ne faut pas idéaliser ce genre de profil : en marge de ceux que l’on connaît et qui ont réussi, des milliers de personnes ont essayé de faire la même chose se sont plantés. Je ne veux pas être porteuse de mauvais esprit mais on idéalise souvent ces situations sans être vraiment au fait du travail qu’il y a derrière.
    Et sinon, le boulot salarié qui te laisse libre existe (j’ai la chance d’être dans ce cas), mais aucune situation n’est parfaite : il y aura toujours une ombre au tableau. Comme le dit mon boss : « c’est toujours plus compliqué que ça ». :)

  6. Merci pour ce type d’articles. Sans avoir le même parcours, certains points tombent en résonance avec mes réflexions du moment. Je n’ai pas encore assez de recul d’écrire un article de ce genre, trop de nouvelles choses en constructions. C’est assez difficile d’écrire ce genre d’articles sans tomber dans la complaisance ou les grands doutes personnels, en gros être réaliste sans tout voir en gris (finalement il y a assez peu de quoi se plaindre, si on arrive à en vivre).
    Après moultes réflexions, je suis assez sûre que le graphisme et la créa me serviront toujours, et je resterai dans un domaine proche du web et de la créa… Intégrer un projet de création d’entreprise plutôt que de travailler pour d’autres? C’est moi aussi une piste que j’ai en tête.
    Dernier article de Sophie : Les 8 ans du blogMy Profile

  7. Je me retrouve tout à fait dans tes reflexions et les questions que tu te poses. Surement le cas de tous les trentenaires qui ont passé les 10 dernières années à faire du web dontune bonne partie en freelance. Ça fait du bien de voir qu’on est pas seul :)

    Pour ma part, même si ça me pensait impensable il y a à peine quelques mois, je vais me sédentariser dans une mission à « durée indéterminée » dans une grosse PME. Le projet hyper innovant et une équipe jeune et dynamique qui a su me séduire après quelques mois de missions ponctuelles ont su me convaincre. Mais pour combien de temps ? Je partage tout à fait tes réflexions sur l’autonomie et le fait de prendre ses propres décisions. Retour d’expérience dans quelques mois ! Si j’ai tenu le coup…

    En tout cas merci pour ton article !

  8. @Stpo – Merci pour ton retour Christophe. Je comprends ton positionnement par rapport au bouquin. J’avais d’ailleurs le même lorsque j’ai accepté d’écrire le mien, à savoir : je ne fais pas ça pour l’argent. Cela dit, si je prends l’exemple de ma nana qui écrit aussi des livres (dans le domaine du travail social), ou l’exemple d’autres collègues comme Francis Chouquet, Sacha Greif, ou NAthan Barry, il semble quand même que les bouquins constituent un bon complément de salaire, voir dans certains cas un métier à part entière (le cas de Nathan Barry qui a fait 250.000$ de C.A en 2013 , dont la très grand majorité est constituée des ventes de ces 3 ebooks, est assez intéressant). Quand je vois ça je me dis qu’il y a surement moyen, en étant malin, de se servir de l'(auto) édition comme d’une source de revenus complémentaires. A mon avis, tout dépend du sujet, de la diffusion (donc du réseau et de la langue) et de l’envie de capitaliser sur ce type de projet. Je suppose que les ventes du (des) bouquins de Julien Moya doivent également lui apporter un complément de revenu intéressant… je suppute (il faudrait lui poser la question).

    @Nicolas – MErci ! Dans ce cas je te dis bon courage pour ton projet. J’espère que tu réussiras à le développer comme tu le souhaites.

    @Julien : Merci à toi pour ton retour. Je n’avais pas eu connaissance des autres articles sur le sujet avant d’écrire celui-ci. Je m’étonnais d’ailleurs de ne pas en trouver. Il faut dire que je ne traine pas sur les forums. Stpo m’a envoyé quelques liens tout à l’heure sur Twitter et j’ai effectivement pu voir que nos doutes étaient partagés. Ton commentaire me fait prendre conscience que la piste « formation » pourraient peut-être également être intéressante. A creuser.

  9. Très bel article Aurélien.
    Cela me fait penser à l’article de Marie (http://marieguillaumet.com/etincelle/) sur la mise au vert, l’envie de s’évader.

    Je me retrouve également dans cet appel du pied de la campagne. Mais comme l’indique Raphaël, il y a toujours cette appréhension du « je serais moins bien payer » et pour ma part du « projets moins intéressants », sous doute à tord …

    Alors changer de métier, pourquoi pas si cela reste un métier « passion », où l’on ne va pas à reculons.
    Dernier article de Damien : Escapade au VietnamMy Profile

  10. Hello mon p’tit pote :P

    On en a déjà largement parlé ensemble mais je voudrais revenir sur quelques points.

    Tout d’abord, concernant l’écriture. Bon, on a un peu la même histoire à ce niveau-là. « Mon » bouquin sur WordPress en est à sa 3ème édition et on réfléchit déjà à la 4ème tellement l’outil évolue vite ses derniers temps. Et même si ça m’a apporte effectivement un surplus de revenus, ça ne couvre pas le temps consacré à l’ouvrage. Si je faisais un projet client au lieu d’écrire ce livre, je gagnerai plus. Mais perso, je n’ai pas fait ça non plus pour l’argent mais plutôt pour une certaine visibilité. Ca fait partie de ma communication. Cela dit, je me suis aussi plusieurs fois posé la question de l’ebook. A noter qu’en 2006, quand j’ai fait mes tutos, j’avais choisi le web et les articles pour faire connaître mon travail.

    Maintenant, écrire un ebook aujourd’hui représenterait encore plus de travail. D’ailleurs, c’est aussi valable pour la création d’un service. On en a parlé ensemble pour la réalisation d’un projet et on s’est bien rendu compte que c’est une charge de travail conséquente. Très conséquente même. Et concernant les services, pour avoir créé une boutique de thèmes WordPress, je peux te dire que ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air et qu’il faut y consacrer, encore là, énormément de temps. Ce qu’on n’a pas fait. D’ailleurs, il aurait fallu s’y consacrer à plein pour réussir. Parce qu’il faut le dire, réussir un side project ou un service sans s’y consacrer à temps plein est super dur. Et y passer 100% de son temps, sans savoir si ça va marcher, c’est pas évident, sachant que pendant ce temps-là, tu ne gagnes pas une tune.

    Des gens comme Sacha ou Nathan ont réussi mais ils sont une petite minorité qui connaissent bien les ficelles de la communication « online » et qui avait au préalable un gros réseau. IL faut bien comprendre que ce n’est pas uniquement la rédaction de leur ouvrage qui a fait leur succès ;-)

    Perso, je réfléchis toujours à un ouvrage. Je vois Typism être un joli succès et je me dit qu’il y a matière à faire quelque chose. Mais encore là, c’est pas vraiment pour l’argent avant tout, mais peut-être plutôt pour faire autre chose.

    D’ailleurs, parlons-en des autres choses :P Perso, j’ai trouvé dans le lettering une partie de cet autre chose. Ce n’est plus du web. Et comme on en a parlé ensemble, il m’arrive de passer des journées entières loin de mon ordinateur, déconnecté, et ça me fait grand bien. Oui, on a besoin de cette déconnexion. Aussi, chez nous, le fait d’avoir déménagé en dehors de la ville nous a permis de découvrir d’autres choses, d’autres personnes. Dans notre village, y a pas mal d’activités extra professionnelles, comme donner un coup de main à la ferme, couper du bois. Des trucs cons mais qui permettent de se couper de notre monde connecté. Aussi, du coup, tu rencontres des gens qui n’ont rien à voir avec ton milieu et tes doutes. Eux, ils bossent pour l’argent, pas le plaisir, se posent pas trop de questions à ce niveau-là, si ce n’est, ne pas perdre leur job. Et sérieux, j’apprécie ses moments. Enfin, je fais du basket chaque semaine et là, pareil, je rencontre du monde loin de mien. Mon meilleur pote dans l’équipe est coiffeur. Comme quoi. Et c’est top :)

    Cela n’empêche pas de me poser des tas de questions tout comme toi. Clair aussi que la vie familiale avec les enfants nous fait voir les choses différemment. Faut continuer à prendre ce recul, à réfléchir à tout ça mais aussi à faire de plus en plus de choses en dehors de sa zone de confort. Je crois que c’est très important. Faire parfois des choses totalement opposée, mais qui t’apporteront peut-être une sorte d’équilibre. Mais c’est sortir de cette zone qui se permettra d’explorer de nouvelles choses. Clair que rester dans sa zone de confort c’est mourir :)

  11. Comme tu poses la question sur les revenus de mon livre je peux te répondre directement, et c’est à peu près pareil que Françis.
    Le livre marche bien, et même très bien considérant que c’est un ouvrage professionnel et spécialisé.
    Les ventes me rapportent un certain complément de revenus aujourd’hui mais, mis en regard des 2 mois et demi où j’ai dû fermer complètement boutique pour m’y consacrer (sans parler des nombreuses heures de préparation et de relecture saupoudrées avant et après), il n’est toujours pas « rentable » au sens purement financier du terme : j’aurais probablement gagné plus en passant tout ce temps sur des projets clients.
    Après, comme le livre, mis à jour de temps en temps, continue de se vendre correctement chaque année, peut-être attendra-t-il ce seuil à terme, finalement.

    Mais là encore comme Francis, ce n’était évidemment pas l’objectif de départ. Pour moi le livre était tout d’abord un travail que j’avais ENVIE de faire par intérêt pour la pédagogie, ensuite une façon de faire quelque chose d’altruiste (comparé à tout ce temps payé à bosser pour des boîtes de pub…), et enfin une bonne « carte de visite » qui j’en suis certain m’a apporté directement ou indirectement des opportunités qui n’auraient pas existé sinon (la formation par exemple, justement).

    Ce livre est publié par un éditeur, parce que c’est lui qui m’a contacté pour me proposer ce projet à l’origine. J’ai choisi de jouer le jeu car mon objectif était la plus grande diffusion possible, qui passe encore pour ce type d’ouvrage par l’accès aux librairies (ses ventes papier restent bien supérieures aux ventes ebook).
    Mais si demain j’écris autre chose, avec d’autres motivations dont éventuellement celle de gagner de l’argent, il m’apparaît chaque jour plus probable que ce sera via l’auto-edition.

    Pour revenir à la discussion, et notamment à propos du produit/service : comme vous tous j’y ai réfléchi plusieurs fois. Je suis même allé assez loin sur ce chemin et très près de créer une société avant de faire machine arrière (principalement parce que mon activité de free me prenait déjà tout mon temps).
    J’ai trouvé un palliatif avec la société de mon épouse, créée l’année dernière sur un marché de niche qui n’a rien à voir avec notre secteur. Nos deniers personnels ont financé la recherche et la formation qu’elle a dû faire seule pendant plusieurs années, puis ça a fini par décoller et marche très bien désormais. Ce projet est de fait devenu comme un side-project pour moi, puisque je m’y suis investi (en argent d’abord, et plus tard en temps puisque j’en ai réalisé et réalise encore toute l’identité, le e-shop, les supports marketing, etc) et que j’en récolte les fruits via ce qu’elle gagne maintenant.
    Je réalise donc à travers son projet mes aspirations d’entrepreneur (ainsi que de créatif car à ce niveau la liberté est totale ce qui est un luxe), et ça se passe plutôt bien comme ça pour le moment.

    Entre ça et le livre, j’en suis arrivé moi aussi à la conclusion qu’il est vital pour des profils comme les nôtres d’avoir des projets hors de notre métier direct, pour nous aérer la tête, sinon on finit vite par sécher sur pied, j’en suis persuadé.

  12. Oui d’accord avec Julien, il est vital d’avoir des projets hors de notre métier, ne serait-ce que pour éviter l’overdose. Et je me demande si cet état de quasi connexion permanente n’y est pas pour quelque chose. Je ne sais pas si vous avez lu cet article mais il regroupe aussi pas mal de questions que se posent certaines designers ces derniers temps, notamment vis-à-vis de cette connexion permanente:

    http://24ways.org/2013/managing-a-mind/
    Dernier article de Francis : Ma veille en détails: historique et outils utilisés.My Profile

  13. Hello Aurélien,

    Bonne année et merci pour ce superbe article qui rejoint les doutes et questionnement que nous sommes d’après les commentaires nombreux à partager sur notre avenir dans les métiers du web. Quelques soient nos parcours professionnels dans ces métiers, leurs vitesse d’évolution et de mutation nous laissent dans l’expectative pour ce qui nous attend à moyen terme.

    Personnellement, j’ai beau m’épanouir dans mon métier de web designer, avec des projets vraiment intéressants et d’autre totalement alimentaire, il n’en reste pas moins que je ne m’imagine pas faire cela encore dans une dizaine d’années, comme beaucoup d’entre nous je pense.

    Mais alors que faire ensuite?
    La formation m’a semblé au départ être une évolution logique à tout ça dans un premier temps, l’envie d’apprendre les bonnes pratique à ceux qui prennent le relais derrière, sensibiliser les clients, ou des individus n’ayant pas notre culture graphique et technique… Mais bon j’ai un parcours atypique, je n’ai pas de diplôme dans cette branche, … bref je souffre d’un syndrome de l’imposteur qui me freine à pousser dans cette voie là, celle de la rédaction d’ouvrages ou de conférence.

    Je rejoins Francis dans le besoin de sortir de ce monde là par moment, d’avoir plus de contact avec des gens qui ne sont pas de notre milieu professionnel. Ça apporte une bonne bouffée d’air et c’est d’ailleurs avec des gens comme ça que je me suis lancé dans le montage de la Poudrière, l’espace de coworking où je bosse. Je réfléchis de plus en plus à comment professionnaliser cette expérience, pour passer du bénévolat dans ce projet à un métier principal autour des tiers-lieux.
    C’est d’ailleurs dans ce but qu’on monte une coopérative d’activité avec deux des fondateurs de l’espace de coworking. A voir où cela nous mènera…

    Je suis bien d ‘accord avec toi qu’il est parfois difficile de concilier vie de famille, passion et entrepreneuriat, c’est un jonglage permanent, mais c’est aussi ce qui est intéressant ;)

  14. @Christelle je te rejoins complètement sur ce besoin d’exigence qui grandit au fil du temps. Je pense que c’est plutôt sain mais dans mon cas c’est parfois aussi assez difficile à porter (frustration, manque de satisfaction personnelle etc.). Concernant l’aspect « spécialisation » je suis un peu sur cette voie moi aussi. Cela dit, comme certains l’évoquent dans les commentaires, je crois que la diversification est probablement un véritable atout sur le long terme. Dans mon cas, je penche vers une spécialisation pour apporter de la valeur ajoutée a mon travail (permettant de me distinguer de la concurrence) MAIS en parallèle, de diversifier mes pratiques, de tester des choses pour ne pas trop m’enfermer dans un petit cocon pouvant devenir potentiellement dangereux à long terme.
    Concernant ton travail salarié actuel c’est bon de savoir qu’il existe encore des endroits où il est possible de travailler dans de bonnes conditions ^^ #enjoy !

    @Sophie : Merci bien de ton retour ;) D’après vos commentaires et les messages sur Twitter je vois que nous sommes beaucoup à nous poser les mêmes questions.

    @Alex :Bon courage pour cette nouvelle étape de vie ! Tu as opté pour le retour en entreprise, j’espère que cela t’apporteras ce que tu souhaites. Dans tous les cas, si un jour tu souhaite partager cela avec nous, ton retour d’expérience m’intéresse donc n’hésites-pas à nous prévenir.

    @Damien : Merci ! Oui j’avais effectivement déjà lu cet article de Marie, très bien écrit et assez touchant !

    @Francis : Merci pour ce long commentaire mon ami ! C’est évident que l’écriture prend un temps considérable. Comme le dis Julien, il faut un certain temps avant qu’un projet comme ça devienne véritablement « rentable », surtout lorsqu’on considère nos tarifs journaliers. C’est pour cela que je parlais avant tout d’un complément de salaire, même si dans certains cas cela devient un vrai job. Par rapport au format ebook, je pense que tout dépend du sujet mais en optant pour du bilingue FR/EN et avec un réseau solide, je pense qu’il y aurait certainement moyen de toucher un vaste public. Peut-être que je me trompe mais j’ai cette impression. Tu vois, je pense par exemple à ces nouveaux formats enrichis où tu peux vraiment apporter un côté multimédia, interactif, je pense qu’il y a peut-être des choses à creuser. Je suppute là encore… je ne me suis pas véritabelement penché sur la question. Ensuite, il reste, comme tu le dis si bien, cette fameuse question centrale du temps… Comment arriver à progressivement se dégager du temps ? Sur quel projet l’investir ? Quelle stratégie adopter… Pas évident tout ça.
    Et enfin, comme je te l’ai déjà dis, je trouve que ton basculement progressif vers le lettering est quelque chose de très intéressant. Cela prouve qu’une transition « en douceur » est toujours possible. Cela met en évidence que nous sommes toujours libres et que le travail amène le travail… Dans ton cas, plus tu communique sur ce type de projets, plus tu augmentes la probabilité que l’on te contacte pour ce type de mission. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé cette année pour toi. Merci encore pour ton retour cher collègue :) Et merci pour le lien que tu donnes dans ton dernier commentaire, je bookmark !

    @Julien : Merci pour cette précision concernant les ventes de ton bouquin, je m’en doutais un peu mais c’est toujours sympa d’avoir confirmation du principal intéressé. Dans mon cas, même si les ventes du miens n’ont probablement rien à voir avec toi, je me suis également rendu compte que les retombées indirectes étaient finalement assez énormes, en tous cas bien plus importantes que ce que je pouvais imaginer quand j’ai accepté cette proposition de mon éditeur. Concernant ton histoire perso, c’est assez marrant puisque mon amie est également dans une phase de réflexion pour un projet qui passera peut-être aussi par un site de vente en ligne :)

    @Nicolas : Hello Nico, bonne année à toi aussi mec. Concernant les formations tu as l’air de dire que le manque de diplôme te pose un souci ? Pourquoi est-ce un problème ? Je suis avec intérêt ton projet d’agrandissement pour ton espace de co-working (notamment sur Ullule !), c’est chouette et je pense qu’au delà de la location de bureaux, il y a vraiment moyen de développer pas mal de services autour : location de salle pour des formations, conférences, lieu d’exposition etc… Je te souhaite que du bon pour 2014 !

    @Marie : Merci bien pour ce petit retour Marie ;)

  15. Hello les amis du net !

    C’est amusant d’imaginer son futur à 10 ans mais c’est rudement stressant aussi.
    Pour ma part, je vois à 6 mois. Et ça fait plus de 10 ans que ça dure à cette allure. Toute façon, dès que j’imagine à plus de 6 mois (genre un an, folie !), ça dérape toujours vers autre chose. Et c’est ce qui me plait !
    On rigolait encore avec mon mari l’autre jour car on se rendait compte que chaque année passée ensemble depuis 2006 n’a jamais été identique à la précédente. C’est un peu comme ça qu’on a réussi sans contraintes ni peur à partir s’installer à NYC il y a deux ans. quand tu vois à 6 mois, rien n’est vraiment flippant.
    J’évolue sans m’en rendre compte du coup. Je ne fais plus du tout de site web depuis 2-3 ans. Uniquement des appli iPhone/iPad. Je suis en pleine formation de 4 mois pour me perfectionner en UX. J’ai rencontré des chouettes collègues freelance ici. Et là aussi 2014 va encore changer car un UX designer avec qui je bosse depuis 2 ans vient d’accepter un plein temps salarié. Mais zéro stress car je deviens moi même UX designer.
    Dans 6 mois, j’imagine que j’aurai des UI designers sous mon aile pendant que je chappoterai des projets en tant que chef de projet UX designer. Et dans un an, je ne vendrai que des kits de couture sur Etsy.
    Why not ? Et puis si ça ne ME convient pas ou plus, je tenterai autre chose, notamment avec des nouvelles personnes que j’aurai rencontrées d’ici là.
    C’est comme un livre où tu es le héros, tu te souviens ? Selon le jet de dé tu vas à une page spécifique pour lire la suite. C’est la même ici : si ça te convient pas, tu relances le dé ;) (On l’a tous fait non ? ;) )
    Dernier article de Sophie Masure : Responsive typefaces are like sliding doors in architecture – Ampersand conferenceMy Profile

  16. Hello all,

    Je suis heureux de découvrir que nous sommes nombreux à réfléchir sur la façon dont nous pourrions faire évoluer notre vie professionnelle. Trouver une « formule » viable financièrement tout en nous rapprochant le plus possible de nos valeurs, de nos aspirations et de notre épanouissement personnel et familial, voila un défis intéressant.

    Cette question me taraudait déjà lorsque j’étais étudiant … et je continue encore aujourd’hui à y réfléchir.

    J’ai expérimenté le salariat en CDD, en CDI, le temps plein, le temps partiel, le freelance, l’entrepreneuriat … le chômage aussi.
    Avec le recul, je pense que lorsque l’on a acquis un peu d’expérience, l’entrepreneuriat est une voie intéressante à explorer car elle apporte beaucoup de satisfaction, d’autonomie et de liberté. C’est aussi une voie difficile car avant qu’une activité entrepreneuriale soit rentable (j’entends par là se dégager un salaire viable: 1500-3000 euros net), il y a un gap à passer où tu te bats entre trouver le temps pour mettre en place et lancer ton projet et trouver l’argent dont tu as besoin pour vivre au quotidien le temps que ton projet prenne le relais.

    Je n’ai pas de solution miracle à vous proposer mais je peux partager mon expérience actuelle avec mon projet « Kattagami ». Soyons claire, j’ai fais le choix un peu inconscient de sacrifier mon activité de webdesigner freelance pour lancer « kattagami ». Mes contrats de webdesigner freelance se sont donc rarifiés car je ne consacrais plus de temps à travailler ma visibilité. Mes revenus ont progressivement fondu comme neige au soleil. J’ai pu continuer un temps en vivant sur mes économies mais celles-ci n’ayant malheureusement pas le pouvoir d’auto-regénération, le moment est venu où il a fallu que je fasse un break sur « kattagami » pour renflouer les caisses. Actuellement je travaille sur une mission de 6 mois en régie. Il se peut qu’après on me propose de continuer mais mon objectif est de garder du temps pour finaliser et lancer « kattagami ».

    La mission que j’effectue actuellement est intéressante et l’environnement de travail agréable (autonomie, technologies en phase avec mes aspirations, collègues …) Si on me propose quelque chose après la mission, je demanderai un temps partiel.

    Salariat à temps partiel et projet entrepreneurial sur le temps restant, voila ce que j’aimerai expérimenter dans les mois avenir. L’un m’apportera une certaine sécurité financière tout en continuant à travailler dans le web et l’autre l’opportunité d’expérimenter et de concrétiser un projet d’entreprise.

    Je ne sais pas si ce sera l’équilibre idéal ou si ce sera la formule qui me permettra de concrétiser quelque chose ? Wait and see !

    En attendant, merci Aurélien pour avoir initié ce partage de réflexion :-)

  17. J’ai adoré te lire ! Epatant à quel point on se pose un peu tous les même questions. Personnellement, cela ne fais que quelques mois que je commence sérieusement à me remettre en question.

    Alors il y a 5 ans, quand j’ai décidé de me mettre à mon compte, c’était un but un peu fou, je ne savais pas ce que ça voulais dire « faire un site web », ni même ce que ça voulait dire « d’être à son compte ». Je me suis juste dit un truc du genre : « Bon ok, les CDI c’est pas pour moi. Faire du web ça à l’air fun… Allez, je me lance et on verra bien »…

    Alors voilà, au terme de ces 5 années de « freelancariat », j’ai atteint cette agréable zone de confort tant espérée durant ces longues nuits de travail acharné des 3 premières années. Et paradoxalement (ou logiquement sans doute) maintenant qu’elle m’est acquise, eh bien je crois que la seule chose qui me manque vraiment c’est un nouveau but encore plus fou pour driver mes 5 prochaines années.

    Je me suis découvert une passion pour l’écriture (technique ou générale) alors peut-être que c’est vers elle que je vais me tourner ? Je sais pas… En vrai dire je me cherche encore :)

    Encore merci pour ton article.

  18. Très bon article, je partage ce qu’il se dit.

    Ce coté « je ne sais pas comment va évoluer mon métier » est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de travailler dans le web.
    Une fois quittés les bancs de l’école, je ne pouvais pas entrer dans une case en me disant que l’apprentissage c’était fini, que maintenant il allait falloir répéter toujours la même chose.
    Notre métier est merveilleux en cette chose : il change tout le temps !

    Pour revenir aux side-projects, j’ai eu l’occasion d’en expérimenter quelques uns (Tee Four Two entre autres) et je rejoins ce que Francis dit plus haut : ça prend énormément de temps et, à défaut de s’y mettre à plein temps, ils restent des projets d’à coté qui nous font bien marrer mais qui ne décolleront pas.

    Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas en faire, bien au contraire. Il servent à s’aérer l’esprit, à apprendre et pourquoi pas à changer de voie ?

    La formation est un bon moyen d’évoluer tout en restant dans le milieu.
    On y croise de nouvelles têtes, de nouvelles idées et c’est très épanouissant de faire partager ce que l’on a apprit sur le terrain.
    C’est aussi un bon moyen de se remettre en question. On se demande forcement si on est à notre place, et on se surpasse pour ne pas décevoir.
    Sans oublié qu’en général c’est plutôt bien payé et récurrent, tous les avantages d’un CDI ;)
    Dernier article de Nicolas : 48HFPMy Profile

  19. @Sophie : Tiens salut toi ! Visiblement l’air New Yorkais te réussit bien, tu as l’air zen c’est cool :) Je t’avoue appliquer moi-même la technique de la visibilité max. à 6 mois puisque de toute façon je n’y vois jamais plus loin ! En fait, disons que cet article était un petit condensé de ma tentative de réflexion à plus long terme. Et comme tu peux le voir j’ai quelques petites pistes mais aucune certitude. Au final j’avance petit à petit et j’essaie de saisir les opportunités un peu comme toi sauf que je ne suis pas partis aux States :) Je suis content pour toi que tout ce passe bien là bas !

    @Gilles Hello collègue ! Et oui c’est vrai que tu as toi-même tenté l’aventure de la création d’un service ! Je ne savais pas vraiment où tu en étais, maintenant c’est plus clair. Au final tu as quand même eu de la chance de pouvoir retrouver rapidement une mission d’une durée si longue en freelance. C’est un bon moyen de renflouer les caisses ! Au stade où tu en es, quels sont les conclusions que tu tires de ce début d’expérience avec Katagami ? Comment avais-tu imaginé les choses au départ et qu’est ce qui a dévié le plan que tu t’étais fixé (si déviation il y a eu) ? Le temps partiel est effectivement une solution intéressante sur le plan de la sécurité financière, sans sacrifier pour autant la liberté d’entreprendre d’un autre côté. Il me semble en avoir déjà parlé avec certains collègues d’ailleurs :)

    @Julien Knebel : Merci Julien ! Cette capacité que nous avons à toujours aller de l’avant est finalement très saine à mon avis. Perso je vais, doucement mais surement, vers mes 4 années de freelance et mon activité est encore en dent de scie. Même si globalement, si je lisse mon CA sur l’année c’est tout à fait correct. Je me rends compte qu’il faut quand même du temps pour acquérir cette base de clientelle qui te permet de bosser sans discontinuité.
    Merci encore pour ton retour c’est sympa d’être passé par ici :)

    @Nicolas : oui je suis aussi de ton avis. J’adore le côté changeant de mon métier. Chaque nouveau projet est l’opportunité de découvrir un autre secteur d’activité. En 2013 je suis passé par : la restauration rapide, la recherche en biologie, le transport maritime de marchandises, les solutions de gestion et maintenance de VPN, une solution de gestion des flux de production, l’univers des places de marché d’espaces publicitaires sur le web etc… Bref, j’adore m’immerger dans des nouveaux univers, c’est vraiment quelque chose qui me manquerait si je devais retravailler en tant que salarié. Concernant la formation, il faudrait que je regarde cela de plus près. Dans ton cas comment cela se passe ? Tu fais partie d’une structure ? Je serai curieux d’avoir un retour d’expérience sur ce sujet.

  20. Vous entendez quoi par formation ? Donner des cours ? Faire des tutos ( ^^ ). Je connais plusieurs personnes qui donnent des cours en web design + intégration et qui finalement ne gagnent pas des masses par rapport à ce qu’ils font. Personnellement, quand je bossais en SSII, je faisais beaucoup de formation, mais je formais des professionnels, pas des étudiants, et si ça m’a plu pendant un moment, je m’en suis rapidement lassé, et pour pas mal de raisons.

    De l’autre côté, il y a quelques années, j’ai donné des cours sur WordPress à Sciences Po Paris et là c’était le pied. Mais j’étais intervenant, pas prof, donc mon cours était limité dans le temps. J’ai beaucoup apprécié y travailler, les étudiants étaient vraiment intéressants et intéressés.

    Faudrait demander à Olivier Beining et JP Cabaroc qui font ça régulièrement, ça pourrait être intéressant :)
    Dernier article de Francis : Ma veille en détails: historique et outils utilisés.My Profile

  21. @Francis : dans mon esprit « formation » c’est vraiment des ateliers sur 0.5 / 1 voir 2j pour un petit groupe de personnes (souvent des professionnels) sur un sujet précis : ex : « Formation à Photoshop » etc.. Formations qui sont payées par ta boite quand tu es salarié par exemple. Francis, tu abordes la question de l’enseignement, c’est vrai qu’il y a aussi cette piste ! Je ne savais pas que tu donnais des cours à Science Po, la classe dis-donc !

  22. @Auré : Oh, j’en ai pas fait longtemps mais c’était une super expérience. J’intervenais dans un cours préparé par la rédactrice en chef de Lemonde.fr qui me faisait intervenir pour présenter WordPress et faire bosser les étudiants sur un projet concret journalistique où je les accompagnais.

    J’aime ce genre de format et là ça payait bien puisque je facturais mon tarif habituel et que les déplacements étaient payés. J’avoue que je referais bien ce format sur Bâle où le niveau est aussi intéressant.

    Après, les formations ponctuelles à des professionnels, c’est ce que je faisais en entreprise et ça je ne suis pas chaud pour recommencer :P
    Dernier article de Francis : Ma veille en détails: historique et outils utilisés.My Profile

  23. @Auré : Pour répondre à ta question, quand tu te lances dans quelque chose de nouveau, tu te fais une idée de ce qu’il y a à faire mais cette projection est toujours en deçà de la réalité.

    Pour kattagami, j’ai sous-estimé le temps que ça me prendrait car au fur et à mesure que j’ai avancé, j’ai découvert des choses à faire auxquelles je n’avais pas pensé initialement.

    Lorsque tu décides de faire tout toi même il y a aussi tout un tas de choses sur lesquelles il va falloir que tu te formes avec toutes les étapes que ça demande : trouver l’information, digérer et comprendre cette information, expérimenter, réaliser, tester puis documenter ce que tu as fait pour pouvoir y revenir plus tard.

    A ça peut s’ajouter des « pivot » comme on dit en « Lean Startup » c’est à dire des remises en question et des changements de cap. Ca a été mon cas avec kattagami où au départ j’étais partie sur un modèle de vente de thèmes puis le thème presque terminé, je me suis réorienté vers un modèle « Saas » qui après mûre réflexion me paraissait plus viable sur le plan business. Cela a complètement bouleversé ma vision de la conception du thème et j’ai recodé 70% de l’application.

    Bref, quand tu commences quelque chose que tu n’as jamais fait avant, il y a une part d’aventure qui te réserve des surprises et ça c’est très difficile à planifier en terme de temps.

    A ça tu rajoutes la problématique financière, les compromis à faire avec ton entourage …

    Bref pas simple mais pour finir sur une note positive, c’est passionnant et l’obtention de résultats très gratifiant. De plus tu apprends énormément de choses faisant monter ton niveau de compétences. Je crois que la meilleure écoles pour apprendre des choses c’est d’apprendre sur un sujet qui te passionne et de coupler l’apprentissage à la pratique (par ex la réalisation d’un projet).

  24. @Gilles J’imagine que ça n’a pas du être simple de tout faire toi même. Je suis toujours très impressionné par l’énergie que certains arrivent à déployer pour aller au bout de leurs idées. Surtout lorsque cela passe par la sortie d’une zone de confort et l’abandon de ces acquis si difficilement gagnés. Pour être régulièrement aux côtés de patrons de startup, j’ai bien l’impression que les parcours sont systématiquement semés d’embuches. Je crois que ce qui fait la différence c’est surtout la volonté d’aller aux delà des difficultés et de ne rien lâcher.

    Je pense que tu as bien fait de prendre le virage SaaS, le marché des « themes » classiques me semble vraiment surchargé depuis longtemps, avec des acteurs solides (ex : ThemeZilla etc.) qu’il me semble difficile de concurrencer.

    Dans tous les cas j’imagine que cette aventure personnelle et professionnelle doit-être très enrichissante. Après tout, dans la symbolique du voyage, le parcours que l’on emprunte (et l’expérience qui en découle) a finalement plus de valeur que l’arrivée à destination.

    Merci pour ton retour en tous cas !

  25. « Je crois que ce qui fait la différence c’est surtout la volonté d’aller aux delà des difficultés et de ne rien lâcher.  »

    Oui tout à fait, car passé l’euphorie du départ et les premières difficultés, seule une forte motivation te permettra de t’accrocher et de persister pour aller au bout. Pour moi la motivation est le sujet de ton article à savoir construire une activité professionnelle viable qui me donne une certaine autonomie.

    « Dans tous les cas j’imagine que cette aventure personnelle et professionnelle doit-être très enrichissante. Après tout, dans la symbolique du voyage, le parcours que l’on emprunte (et l’expérience qui en découle) a finalement plus de valeur que l’arrivée à destination.  »

    Très juste et c’est très important d’en prendre conscience car si au final ton projet ne fonctionne pas comme tu l’espérais, il te restera toujours cette expérience. Et ça c’est acquis pour de bon et tu peux rebondir dessus. Par exemple mon parcours sur kattagami m’a permis de proposer un sujet au WordCamp l’année dernière et l’obtention de ma mission actuelle a, j’en suis sûre, fortement été influencée par l’expérience que j’avais accumulé sur WordPress.

  26. Au hazard d’un tweet je découvre cet article, et à la lecture des commentaires je me rends compte des mauvais choix que j’ai pu faire… Et des bons !

    En effet, j’ai été freelance (dans le print) pendant 5 ans de 2008 à 2013 ; après m’être fait « jeté » de différents entretiens dans des boites de comm’ locales pour mon manque d’expérience, je me suis dit que je n’avais qu’à monter ma structure et proposer mes services, pour leur montrer la qualité de mon travail, ma pugnacité et mes capacités multiples.

    Je ne suis pas un monstre inné du design graphique mais plutôt un besogneux, un perfectionniste et un curieux passionné.

    Cela a plutôt bien marché durant les deux premières années, quelques beaux projets, biens réalisés, puis avec « la crise » mes contrats se sont réduits. Ma foi aussi, sans parler d’une créativité en berne puisque pas assez stimulée.

    Du coup, j’ai lu, étudié, appris des nouvelles techniques, en animation principalement, persuadé que l’affiche de demain serait un écran et qu’il fallait tout penser avec une possibilité de mouvement. Durant tout ce temps où je produisais des travaux plus ou moins bons avec toujours un esprit critique sur ce que je faisais (que je dois à ma formation « Beaux Arts »).

    A contrario de certains ici, je n’ai jamais osé bouger, aller là où j’aurais pu me confronter à plus d’exigence de la part de mes clients (créativité), à plus de contrats pour vivre réellement de mon travail, pour relever des challenges et continuer d’être heureux dans mon travail (gagner ma vie en faisant de belles choses).
    Je ne l’ai pas fait parce que j’avais peur de l’échec :
    – je savais que j’étais un bon graphiste dans ma ville (je vis au Havre) mais aussi que je serais un graphiste parmi tant d’autres dans une plus grande ville, c’est sûrement pour ça que je n’ai pas bougé !

    Aussi, je n’ai aucun sens de la négociation (malgré la lecture du livre de Julien ; ) ), peu d’intérêt pour l’argent et aucune envie au dessus de mes moyens. Du coup je ne gagnais pas ma vie de façon satisfaisante et j’ai dû arrêter de faire des chartes graphiques, des plaquettes et des animations. Je paye encore des mensualités RSI à un huissier ; ) …

    Aujourd’hui je connais les freins à une évolution pérenne dans mon cas :
    – je ne suis pas assez gestionnaire, ni commerçant, malgré un très bon sens relationnel
    – ce qui m’intéresse c’est de trouver des idées, les produire ne m’intéresse pas tant que ça,
    – je suis fait pour le travail en équipe malgré ma farouche indépendance mais le réseau pro’ de ma ville n’est pas assez ouvert, tenu par des commerciaux (pas des créatifs) et les places sont chères (réellement puisque c’est un réseau typé « club »).

    Du coup, pour payer mes factures et au hasard d’un café avec un pote enseignant, je me suis tourné vers l’enseignement en 2010 pour des remplacements en arts appliqués en lycée pro’. J’enseigne le « design » à de futurs carrossiers, menuisiers, plombiers, maçons, peintres d’intérieur, etc. Ma situation financière s’arrange et j’ai du temps pour moi, je pars en vacances en Europe deux fois par an avec ma femme (ce qui m’étais impossible avant), sans compter ces deux long mois d’été. J’ai passé le concours avec succès en 2013 et continue mon boulot de prof’ avec quelques heures en plus où j’initie des étudiants à Photoshop en IUT et Ecole de Commerce durant une quinzaine d’heures par groupe et par an, ça fait du bien d’avoir un public « facile » aussi.
    Je suis enfin mieux dans ma vie, je jouis d’un très bon rayonnement auprès de mes élèves et d’une vraie reconnaissance grâce à mon expérience ratée d’entrepreneur (parce que je sais pourquoi j’ai échoué).
    J’ai aujourd’hui de nouveaux objectifs, je dessine beaucoup, un projet de court d’animation, et mets à profit mon temps libre pour étudier de nouvelles choses. J’ai laissé un peu de côté InDesign, C4D et After Effects sans en être trop malheureux.

    En bref, ce que j’aime c’est partager ce que je connais, échanger et apprendre de nouvelles choses dans des domaines variables (en ce moment c’est l’histoire du design et la psychologie de l’ado’ …) : je suis sur-stimulé par les questions et les manques de technicités de mes élèves : trouver autant d’idées que d’élèves pour les aider à réussir avec leurs moyens à répondre aux sujets que je leur propose.
    Leur montrer qu’ils peuvent réussir, les valoriser, partager avec eux et apprendre d’eux.

    Certes le métier de prof’ ne fait pas toujours rêver mais le pratiquer avec conviction et avec une réelle envie d’innovation c’est vraiment enrichissant. Et franchement, je ne suis pas un si bon graphiste et surtout pas un bon entrepreneur ; )…

    Merci pour ce point qui m’a permis de faire le mien, et dans dix ans peut-être que je serai … On verra !

  27. Ca tombe bien que tu te poses ce genre de questions! Justement, ça sera le sujet de mon prochain bouquin: « Le sens de la vie expliqué aux freelance ». Disponible en trois versions a 39, 99, et 249 euros, avec des vidéos et interviews d’experts tels que Jason Fried et le Dalai Lama!

    Plus sérieusement, je pense que c’est bon signe de réfléchir à tout ça. Et je pense aussi que l’erreur de beaucoup de monde c’est d’abandonner trop tot. Pour la majorité des gens, je pense qu’il faut minimum 2-3 ans pour réussir a produire un produit valide (que ce soit 2-3 ans sur un seul produit, ou bien plusieurs échecs qui conduisent peu à peu vers un succès).

    Le problème c’est évidemment que par définition, on entend jamais parler des gens qui galèrent à faire parler d’eux. Du coup on a facilement l’impression que la norme c’est les projets qui explosent au bout de trois mois, lèvent des fonds au bout de six, et sont rachetés par Google en moins d’un an…

    Donc au final, ma recommendation c’est que quoi que tu fasses, prévoir un rythme de vie qui te permette de tenir au moins un an, sinon deux. Ca peut vouloir dire réduire ses dépenses, mettre de l’argent de coté, continuer a travailler en freelance a mi-temps, ou bien braquer une banque. Personnellement j’ai fait (presque) toutes ces choses là.
    Dernier article de Sacha Greif : From #CodeYear to #DiscoverMeteorDayMy Profile

  28. @Medhi : salut à toi et merci beaucoup pour ce retour d’expérience. Je me retrouve beaucoup sur certains des points que tu évoques. Ton parcours témoigne d’une grosse capacité de remise en question. Cela t’a permis d’aller dans un domaine (l’enseignement) qui met tes compétences à contribution sans nier pour autant tes envies et ta personnalité. Je trouve cela vraiment intelligent de ta part. Pour tout te dire j’aimerais moi aussi trouver une solution à long terme qui me corresponde vraiment. Concernant la réflexion sur la zone de confort, ton expérience montre bien qu’il ne sert à rien de vouloir absolument en sortir pour se challenger s’il n’y a pas derrière une vraie réflexion sur l’intérêt de la démarche. Dans ton cas, ta stratégie de te décaler, plutôt que de vouloir rester sur le même chemin à tous prix, a finalement porté ses fruits.
    Dans mon cas, je crois que je suis vraiment dans cette volonté de me concentrer sur ce que je vaut et ce que je veux et de m’orienter en fonction de qui je suis réellement. C’est très important de me sentir en phase avec moi-même. En tous cas Medhi, je te remercie vraiment d’avoir pris le temps de partager ton expérience ici et je te souhaite que du bon pour la suite !

    @Sacha : tu es là ôhh grand maître du marketing et de l’écriture d’ebook :) On parle beaucoup de toi ici tu as vu ? C’est bien que le principal intéressé ait aussi son droit de réponse !
    Merci pour ton point de vue. C’est vrai que les succès sont bien plus souvent mis en avant que les échecs, et pourtant… Je pense que l’on apprend plus de ces derniers que l’inverse. Cela me fait penser à la fameuse tautologie de la française des jeux « 100% des gagnants ont tenté leur chance ».

    Concernant le problème de la trésorerie, je te rejoins sur le principe par contre cela pose quelques questions :

    – J’imagine que lorsqu’une idée germe, il ne doit pas être forcément évident de patienter le temps de mettre suffisamment d’argent de côté pour être capable de vivre sans travailler pendant un ou deux ans. Comment faire pour commencer en étant sécure financièrement sans pour autant trop décaler son projet dans le temps ?

    – Il y a toujours la possibilité de coupler des missions freelance en parallèle pour vivre mais comme cela a été évoqué dans les commentaire, c’est parfois très difficile de développer un projet sans s’y impliquer à 100%. Est-il possible de coupler des missions freelance et le développement d’un projet dans le même temps ?

    – Reste la possibilité d’une aide financière extérieure. En général les clients que je côtoie se lancent plutôt dans la réalisation d’un prototype fonctionnel viable sur leur fond propre, dans un délai relativement court. C’est à partir de ce proto qu’ils tenteront de lever des fonds auprès d’investisseurs, et ensuite de le développer grâce à cet argent. Le paradoxe de la situation est qu’ils voient passer de gros montants injectés dans leur start-up sans pour autant pouvoir en profiter à titre personnel. Au bout de plusieurs mois, lorsque les embuches s’accumulent, certains se retrouvent d’ailleurs parfois dans des situations financières personnelles extrêmement difficile. C’est d’ailleurs à ce stade que la motivation est mise à rude épreuve.

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